24 avril 2007
4 avril 2007
Plus de psychologie
Jung fut interviewé par John Freeman pour le compte de la BBC en mars 1959 (Emission Face to Face). A l’une des questions, Jung confirme qu’à ses yeux "Nous avons besoin de mieux comprendre la nature humaine parce que le seul danger réel qui existe est l’homme lui-même. Il est le grand danger, ce que nous ignorons lamentablement."
Lui qui consacra toute sa vie à explorer les profondeurs de l’esprit humain n’hésite pas à ajouter "Nous ne savons rien de l’homme, bien trop peu. Sa psyché doit être étudiée, parce que nous sommes à l’origine de tout mal à venir."
Bien des années nous séparent de ce constat. Depuis, de nombreuses écoles ont vu le jour, au sein même de la famille jungienne, mais également dans toutes les branches de la psychologie.
L’étude du psychisme est à mes yeux le « parent pauvre » de toutes les sciences. Qui intéresse t’elle ?
Plus que jamais le développement de la psychologie est nécessaire, et sous toutes ses formes !
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Claudio Ajar
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29 mars 2007
En marche vers l'individuation
Le processus de développement psychologique de l’homme nous conduit sur les sentiers de l’individuation. Le mot individuation, inconnu pour la plupart, est rarement utilisé. Le plus souvent il est confondu avec l’individualisme et fait écho à l’égocentrisme …
Jung décrit tout au long de son œuvre les différentes étapes qui permettent de devenir "soi-même". L’une des premières est le retrait des émotions. Comme il l’indique dans son livre Les Energies de l’âme "On se retire des émotions ; on ne fait plus un avec elles. Lorsqu’on parvient à se souvenir de soi-même, à établir une différence entre soi-même et ce déchaînement de passion, on découvre alors le Soi : on commence à s’individuer". Il précise "L’individuation ne consiste pas à devenir un moi – on serait alors un individualiste. Et qu’est ce qu’un individualiste, sinon un homme qui n’a pas réussi son individuation".
Il poursuit "S’individuer, c’est devenir cette chose qui n’est pas le moi – ce qui est fort étrange. En conséquence, nul ne comprend ce qu’est le Soi, puisque le Soi est justement ce que nous ne sommes pas – ce qui n’est pas le moi. Le moi se découvre comme un simple appendice du Soi avec lequel il n’a qu’un rapport très lâche".
Différencier ses émotions, dialoguer avec ce grand inconnu qu’est le Soi, c’est finalement accepter de s’engager sur des chemins inconnus. A ce niveau il y a peu de cartes routières, pas de GPS … Il faut faire preuve de beaucoup d’humilité et diminuer l’intensité de la conscience pour percevoir les bruissements de l’âme.
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Claudio Ajar
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25 mars 2007
Réponse à Job
Parfois nous sommes obligés d’accepter une tâche "dictée de l’intérieur". Généralement nous tentons de l’éviter, mais il arrive que l’on se retrouve au pied du mur et qu’il soit impossible de s’y soustraire.
C’est ce qui est arrivé à Jung, dans sa vie, à de nombreuses reprises. C’est dans ces circonstances et sous une très forte pression qu’est né son livre : Réponse à Job. Cette phrase "J’étais possédé par l’urgence et par la lourde signification du problème et je ne pouvais m’en détacher" en témoigne.
Ce livre, sujet à de nombreuses controverses, a connu un véritable succès aux Etats-Unis. En France il est passé à peu près inaperçu ….
"Mon livre ne veut être rien d’autre que la voix interrogative d’un homme seul, qui s’en remet à la réflexion, à la méditation de ses lecteurs" nous dit Jung. "C’est la force à la fois immense et vulnérable du livre, la force de l’homme seul en tête à tête avec la Bible" ajoute Henry Corbin, chercheur en sciences religieuses comme il se définit, qui a rencontré Jung de nombreuses fois lors des sessions du cercle Eranos à Ascona en Suisse.
Ce livre met en lumière la confrontation de Jung avec la divinité. Job, cet homme juste, qui a fait l’objet de nombreuses malédictions, lui donne l’occasion de relever combien Yahvé, le dieu de l’ancien testament, est plein de contradictions : "La réflexion et la connaissance résident en lui à côté de l’irréflexion et de l’ignorance de soi-même, comme résident aussi la bonté à côté de la cruauté, et la force créatrice à côté de la volonté de détruire".
La voix de Jung exprime "l’émotion suscitée par le spectacle – que rien n’estompe – de la sauvagerie divine et de son immoralité criminelle". Aux sources du christianisme nous sommes bien loin de l’image de Dieu, unilatéralement bonne, telle qu’elle nous est présentée depuis plus de 2000 ans.
Toute l’expérience de l’homme Jung se révèle, lui qui n’a cessé de démontrer combien les problèmes religieux étaient présents en chaque homme. Ainsi, d’une vision d’un Dieu pétri de contradictions en passant par la dualité Christ / Antéchrist, il nous montre combien l’homme est nécessaire à Dieu et combien Dieu souhaite s’incarner en chacun de nous. Sous un nom plus technique … c’est la voie de l’individuation.
La lecture de ce livre ne peut nous laisser indifférent.
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20 mars 2007
Autobiographie / biographies de C.G. Jung
Son livre, Ma vie, souvenirs, rêves et pensées retrace le cheminement de Jung tout au long de sa vie. En partie rédigé par lui, en partie par sa collaboratrice Aniela Jaffé, cet ouvrage nous permet de mesurer combien la vie de Jung n’a pas été « un long fleuve tranquille ».
Plusieurs auteurs ont rédigé des biographies, parmi les principales je citerai :
Marie Louise von Franz : C.G. Jung, son mythe en notre temps
Barbara Hannah : Jung, sa vie et son œuvre
Gerhard Wehr : Carl Gustav Jung, sa vie, son œuvre, son rayonnement
Vincent Brome : Carl Gustav Jung, l’homme et le mythe
Je retiendrai principalement celles de Marie Louise von Franz et Barbara Hannah qui apportent de précieux compléments à l’autobiographie « officielle ».
Celle-ci a d’ailleurs fait l’objet de nombreuses critiques, une partie des éléments recueillis par Aniela Jaffé ne figurant pas dans cet ouvrage.
Outre atlantique Deirdre Bair a rédigé en novembre 2003 une épaisse biographie sous le titre Jung a biography. Son livre, non traduit en français à ce jour, a fait l’objet de nombreuses controverses, en particulier de la part des descendants de C.G. Jung qui ont vu d’un très mauvais œil cette publication.
Les faits extérieurs, peu présents dans l’autobiographie, sont largement commentés dans le livre de Barbara Hannah, et encore plus détaillés dans ceux de Gehard Wehr, Vincent Brome et Deidre Bair.
La lecture de ces différents ouvrages nous met en contact avec un Jung proche de la nature, pétri d’ombres et de contradictions, plus humain.
C’est sur ces bases que son œuvre est née.
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15 mars 2007
L'autre en nous
Quelle place laisse t’on à l’autre en nous ?
Cet autre qui nous ressemble, cet autre qui apparaît tout au long du processus d’individuation.
L’examen attentif des fantasmes, des faits qui marquent la vie de tous les jours, des rêves, … nous met petit à petit en contact avec un être plus complexe, plus complet. Les éléments initialement relégués dans le domaine de l’ombre sont progressivement intégrés. Un dialogue s’instaure avec l’anima ou l’animus et de nouvelles figures apparaissent. Au final un nouvel être voit le jour, à la fois bien différent de ce que nous pensions être et finalement très proche.
Marie Louise von Franz insiste pour que nous protégions cet être fragile : "Afin de parvenir à nos fins, nous assassinons continuellement, en nous-mêmes, cet être humble qui respecte le secret de l’âme, qui garde l’esprit ouvert sur le divin."
Elle ajoute : "Il me semble que le plus grand mérite de Jung et de son œuvre a consisté à nous apprendre à laisser la porte ouverte au visiteur inconnu. Il a également essayé de nous enseigner à vivre dans une disposition qui nous permette d’éviter le courroux de ce visiteur, sa colère, qui s’abat sur les hôtes superficiels, orgueilleux et cupides des contes populaires."
Elle termine sur ces paroles : "Que la venue des dieux répande la bénédiction ou l’affliction ne dépend en effet que de nous-mêmes."
Cette entrée des dieux dans nos vies n’est t’elle pas des plus précieuses ?
Source : Ame et archétypes – Marie Louise von Franz – p93
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Claudio Ajar
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11 mars 2007
L'esprit du temps
"Aujourd’hui, lorsqu’un patient névrosé entreprend une analyse, il ne souffre très souvent qu’en partie de problèmes personnels ; nombreux, et notamment des jeunes, sont ceux qui viennent nous consulter simplement parce ce qu’ils subissent l’absurdité et le désespoir de notre situation contemporaine. Actuellement, une mélancolie ou une sorte de morosité collective, un malaise général, semblables à ceux de l’époque de l’Empire romain décadent, envahissent des groupes entiers."(1)
Non, les propos ci-dessus n’ont pas été tenus en 2007, mais 30 ans plus tôt par Marie Louise von Franz, lors d’une conférence donnée à l’université de Graz (Autriche).
Nous sommes tous imprégnés de l’esprit du temps, nous ne pouvons y échapper. Seules la comparaison sur de longues périodes historiques nous permet de prendre quelques distances par rapport au temps présent.
Le contact prolongé auprès des matériaux issus de l’inconscient nous donne une occasion unique de mesurer l’intensité et la profondeur des éléments qui animent la psyché, tant au niveau individuel que collectif.
Il est urgent, pour l’individu, mais aussi pour la collectivité, de rendre sa juste place à tous les phénomènes écartés ou ignorés car relevant du psychisme.
(1) Ame et archétypes – Marie Louise von Franz – p33
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Claudio Ajar
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