La femme et son animus
Qui peut mieux que Marie Louise von Franz évoquer les problèmes de la femme et de son animus ? L’étude des contes de fées lui donne l’occasion d’aborder cette problématique. Suivons-la !
Le rôle des parents est prépondérant dans la construction et le devenir de l’animus. La plupart des femmes qui sont affectées par un animus négatif, l’ont été en fonction de l’attitude négative du père ou de la mère.
"Le père sent l’animus de sa fille grandir et, ayant abhorré le même processus chez sa mère, sa femme ou chez d’autres, il cherche à l’écraser. C’est une tragédie vieille comme le monde, que les activités intellectuelles naissantes chez les filles sont blessées ou vouées à l’échec par la réaction paternelle. De nombreuses femmes se trouvent sérieusement estropiées spirituellement et intellectuellement parce que leur père , à un moment crucial, a décrété qu’elles ne pouvaient réussir (1)".
De son coté "si la mère elle même ne se reconnaît pas de valeur en tant que femme, elle transmettra involontairement cette conviction intime à sa petite fille. Au fur et à mesure que celle-ci grandira , elle se rendra compte de ses inhibitions qu’elle prendra pour des lacunes personnelles et, les échecs et les jugements d’autrui venant renforcer la mauvaise opinion qu’elle a d’elle-même, elle perdra le peu qu’elle pouvait avoir de confiance en soi (2)".
M.L. von Franz s’interroge: "Mais pourquoi faire tomber toujours la faute sur les parents? Depuis les débuts de l’humanité, l’homme apporte dans le monde une certaine proportion d’inconscient négatif". Elle ajoute: "Tout le monde naît de parents imparfaits ayant une attitude consciente et inconscient ambivalente (3)". En conclusion nous ne pouvons pas échapper aux conditionnements parentaux, simplement lorsque les parents sont reliés à leur inconscient, la pression diminue.
Lorsque la femme vit en dessous de ses possibilités, affectée qu’elle est par un animus négatif, elle est particulièrement susceptible et a le sentiment d’être délaissée. Lorsqu’elle découvre ses entraves inconscientes, elle change de registre, alors un véritable rayonnement s’exerce autour d’elle. Sa créativité est enfin libérée.
La femme dans les contes de fées (1) p 182 (2) p 90 (3) p 184
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